Terre des hommes (Antoine de Saint-Exupéry, 1939) ou comment réconcilier les hauteurs avec le ratissage.

Les phrases sont ternes, mais la prose est habile. Terre des hommes n’est pas fait pour époustoufler. Que Saint-Exupéry ait travaillé ou non ce texte, nous lisons, entre les lignes, que Saint-Ex se cramponne aux rebords de l’infini ; que Saint-Ex se hisse, l’on pourrait dire ; que Saint-Ex gravite, tends vers le haut, s’épanche du ciel et y pointe les lumières, que nous autres idiots prenons pour des étoiles. Car les signes de profondeur peuvent se trouver en bas. Le combustible de ce que l’on a vite supposé être une ascension est à retrouver non loin de ce que foule son pied. C’est aussi par terre que l’on ramasse de beaux nuages ; nous levons la tête, lui la concentre. De là sa vision, à 360 ; de là son ambivalence qui n’est pas une hésitation ; de là sa dualité qui n’est pas une duplicité.

Le couloir en haut, le tunnel en bas, partout la recherche, partout la fouille.

Façon d’avoir l’esprit décapotable : de rouler sur route tout en ayant la tête en l’air.

Montrer le tout et refuser l’addition (Victor Hugo).

Antoine de Saint-Exupéry, dans Terre des hommes, ne dit pas une telle chose avec une telle sobriété ; mais ces tentatives, faute de mot meilleur (et la faute est la mienne), dépassent, déjà, la plupart des livres.

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