La question des nationalités est indissociable de la question des démocraties. Une nation sans corps n’est qu’un appareil. Un despote peut être un État, mais il ne peut être une civilisation. La nation, dans le miroir, renvoie le reflet du Tous. 1789 a signé l’arrêt de mort de l’idée monarchique. Tous les régimes qui ont suivi, avant la République, ne sont que des boutons, des grosseurs, des pustules, des furoncles, des vésicules, les signes purulents d’une majorité en train de se faire. L’Empire était une adolescence, la Restauration n’était qu’une nostalgie. La République, ce fut l’âge mûr. Tout le long, le peuple s’est cherché ; du « Roi de France » au « roi des Français », toujours a-t-il babillé son idée de citoyenneté ; pour la crier, la répandre, et enfin l’incarner, au moment des grandes révolutions, jusqu’à aujourd’hui. « Françaises, Français ».
Ce qui donne corps à la nation ne sera jamais un roi.
Un roi n’a qu’un territoire, le peuple a tout le reste.