À propos de moi

Difficile de dire des choses à son propos. Cerner nécessite de choisir. Je pense que mon parcours n’intéresse que moi ; ainsi, le mettrai-je de côté.

Convenons que je suis un enfant du XXIe, que ma trentaine s’apprête à s’enclencher, et que comprendre est pour moi une nécessité. J’aime réfléchir, j’aime synthétiser, et je n’ai pas trouvé moyen plus efficace que de formuler par écrit mes conclusions.

J’entends l’écriture comme l’entendait Nietzsche : qu’il faut la regarder avec l’œil du poète. La bonne prose, a-t-il dit, est une incessante guerre courtoise avec la poésie.

D’autres influences m’ont été déterminantes, en particulier celle de Victor Hugo.

Mais, au-delà de ce que sait la main, de la technique ou du pur savoir-faire, ou de l’émoi que me provoque une phrase ciselée, il y a, chez moi, une certaine gravité, qui se partage entre une appétence pour le catégorique et une presque tendance à la tristesse. Cette gravité s’est vue résumée, après moult ratures et moult années, en un problème que je juge fondamental : comment mener mon existence ?

Tout, chez moi, remonte à ce problème. Suprême Stonehenge, vers lequel je me tourne. Il n’existe, à mon sens, pas un savoir, pas une production, qui ne participe à sa résolution. L’ancêtre commun de tous nos délires se trouve condensé à ces quatre mots forts, formant cette question solitaire (comment mener mon existence ?). L’enjeu est d’y répondre élégamment (j’aimerais « correctement », mais la tâche est coriace).

Je travaille donc à produire des choses écrites, choses que j’espère aussi réfléchies. Ce faisant, je m’amuse aussi. Mais confronté à la confluence de ces deux forces en moi qui sont le dire élégant et le dire justement, je m’oblige toujours à faire le tout. Car à force de démêler le bien du mal, on en oublie d’en extraire le beau ; et à force de démêler le vrai du faux, on en oublie d’en extraire le sage.

Je vous propose ici de faire les deux.

Simplifier le complexe : voilà ma tâche. Aussi, voilà qui je suis.